Au milieu de l'hiver, j'apprenais enfin qu'il y avait en moi un été invincible.

-Albert Camus

La Thérapie : comment ?

Le Cadre Thérapeutique
Une Thérapie Brève, permettant la prise en charge de la souffrance morale, peut être engagée en dehors du parcours médical classique.

Le travail thérapeutique peut cependant s’inscrire comme un complément de la médecine traditionnelle (un cas typique est la prise en charge des états dépressifs sévères, où un soutien médicamenteux est absolument nécessaire). En outre, ma responsabilité en tant que Thérapeute est de savoir diriger le Consultant vers d’autres spécialistes, et en particulier des spécialistes de la médecine traditionnelle (médecin généraliste en priorité) quand je n’ai pas les compétences adéquates pour le suivre (cas relevant de la psychiatrie) ou quand un travail conjoint est nécessaire ou souhaitable.

Les Thérapies Brèves
Mon cadre d’exercice est les Thérapies Brèves : c’est un terme générique pour désigner plusieurs approches thérapeutiques qui ont toutes en commun les mêmes bases conceptuelles, posées par la fameuse école de Palo Alto. Je définirai ma base, le socle de ma pratique, comme un triptyque formé par la Thérapie Brève Systémique, la Thérapie Orientée Solutions et la Thérapie Narrative.

Ce sont toutes les trois des approches dites non-normatives, en ce qu’elles proposent au Thérapeute de n’avoir aucune idée préconçue sur ce qu’est "une personne équilibrée" ou "un couple réussi", ou encore "une famille normale", et de se focaliser uniquement sur la Personne qui est là devant elle, et sur ce qui, dans la situation actuelle, génère de la souffrance ou de l'insatisfaction.

Je considère qu’il n’y a pas de “bonnes” approches thérapeutiques dans l’absolu, et je pense qu’aucune approche n’est intrinsèquement meilleure qu’une autre. Certaines approches sont cependant plus appropriées à certaines personnes, ou à certains thèmes. C’est au Thérapeute de s’adapter à la structure de son Client, dont la carte du monde spécifique fait apparaître au Thérapeute la porte d’entrée thérapeutique la plus opportune.

Un de mes présupposés essentiels est par ailleurs que la Personne n’est pas sa Souffrance ! Les mots qui suivent, du Dr. Dominique Megglé, ne sauraient mieux décrire cette posture, vers laquelle je tends un peu plus chaque jour : '' Le “thérapeute” - tout court - ne croit pas à l’existence d’un “psychisme”. Il n’est pas “psychothérapeute”. Il veut adhérer au Réel : ce patient-ci est une personne ; elle est inédite, inconnue : à lui de la découvrir ; elle a des ressources immenses, une expérience de la vie et une vision du Monde absolument respectables parce que ce sont les siennes : à lui de les découvrir ; les symptômes qu’elle présente sont le mieux qu’elle puisse faire dans les conditions qui lui sont données, et elle a sûrement de bonnes raisons d’agir comme elle le fait : au thérapeute de découvrir comment aider cette personne à s’appuyer sur ses ressources, sur son expérience et sa vision du Monde pour renoncer à ce qui lui coûte trop, élargir son champ de possibilités, bref s’épanouir ".

En Thérapies Brèves, la connaissance du passé (et de l’origine du problème en particulier) n’est ni nécessaire ni suffisante. Ce qui est passé est passé, et ne pourra jamais ne pas s’être passé. La question posée par les Thérapies Brèves n’est donc pas “pourquoi c’est arrivé” (souvent, c’est juste … arrivé !) ou “pourquoi je me sens comme ça”, mais plutôt “comment j’aimerais me sentir autrement, et qu’est-ce que je dois faire pour y arriver”. Il est toujours possible de modifier la perception qu’on a de ces événements du passé, et d’apprendre à se construire un futur habitable “malgré tout”.

Alors quid de la brièveté de la thérapie ?
La brièveté de la Thérapie n’est pas une fin en soit, mais plutôt le résultat de l’approche mise en oeuvre : en se focalisant sur le problème, ou mieux encore sur l’objectif du Patient - bref, sur l'essentiel ! - la Thérapie s’attache à donner ou à rendre au Patient son autonomie dans les meilleurs délais, pour qu'il puisse vivre ce qu’il a à vivre de plus intéressant que la thérapie. J’aime beaucoup ce que Nicholas Cummings, du MRI de Palo Alto, disait à ce sujet : “le Patient a droit au soulagement le plus rapide, le plus complet et le plus durable possible de sa souffrance, et ce de la façon la moins envahissante qui soit. Je ne lui demanderai rien d’illégal, rien d’immoral, rien d’impossible. En contrepartie, il fera tout pour me rendre inutile aussi vite que possible.”

Les Approches et Outils Complémentaires

Outre les outils propres aux approches thérapeutiques présentées ci-dessus, j’utilise dans ma pratique des approches ou des techniques additionnelles :

La plupart de ces approches et outils sont effectivement complémentaires, en ce sens que leur paradigme est proche de celui des Thérapies Brèves ; c’est le cas par exemple de l’Hypnose Ericksonienne. D’autres, telles d’Analyse Transactionnelle, reposent sur des modes de pensée différents, et c’est justement pour ça qu’ils sont intéressants pour moi : en apportant un autre éclairage, elles confrontent les possibles stratégies et interventions thérapeutiques, et offre encore plus de place aux possibles.